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 Les chevaliers bretons entre Plantagenêt et Capétiens, milieu XIIe-milieu XIIIe siècles,

 

édité et diffusé par Coop Breizh, 24,90 euro. ICI

 

Les XIIe au XIIIe siècles constituent pour la chevalerie de Bretagne, sans doute plus que pour  autre, un grand moment de passage. Elle doit choisir entre deux dynasties royales, entre les Plantagenêts et les Capétiens, entre deux monarchies féodales, l’une plus fédéraliste, l’autre plus centralisatrice, entre deux modes de vie, la première plus maritime, plus ouverte au monde et la seconde plus continentale et plus resserrée.

Ayant participé activement à la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant au XIe siècle, ayant permis à son fils Henri Ier Beauclerc de créer au début XIIe siècle un royaume anglo-normand,  la chevalerie bretonne est extrêmement influente dans l’Occident chrétien. Henri II Plantagenêt, héritier de ces rois et fondateur d’un immense empire maritime, ne s’y trompe pas. Il faut que les Plantagenêts disposent de la puissance militaire bretonne.

Mais cette chevalerie ne pardonne pas les erreurs du roi d’Angleterre, Jean sans Terre, et joue un rôle majeur dans l’effondrement de cet empire. Toutefois, un malentendu s’installe : pour elle, son alliance avec l’adversaire des Plantagenêts, le roi capétien de France, Philippe Auguste, ne peut durer, opinion que ne partage bien sûr pas ce roi qui installe sur le trône de Bretagne son proche cousin, Pierre de Dreux. Pour la chevalerie alors maîtresse de la Bretagne, cette présence capétienne signifie non seulement la perte de ses biens et de ses liens avec l’Angleterre, mais encore la fin d’une relative autonomie. Pendant toute la première moitié du XIIIe siècle, elle manifestera souvent les armes à la main son mécontentement et son opposition. Victorieuse contre Pierre de Dreux à l’issue de la guerre civile de 1230-1235, mais poussée par les mutations politiques, sociales et économiques, elle finit par trouver un compromis en 1260 avec le très riche duc de Bretagne, Jean Ier le Roux.

La chevalerie bretonne au temps de Bertrand du Guesclin, 1341-1381 édité par l’Institut Culturel de Bretagne et diffusé par Coop Breizh, 25 euro.

Bertrand du Guesclin est un des personnages les plus célèbres non seulement de l’histoire de la Bretagne médiévale, mais encore de l’histoire européenne. Homme de guerre brillant, faiseur de roi en Espagne, restaurateur de la puissance des Capétiens en France, fidèle à sa duchesse de Bretagne, Jeanne de Penthièvre, piètre financier et homme politique, il appartient à un monde en pleine mutation, celui de la chevalerie bretonne, qui connaît après une phase de relative paix durant un grand XIIIe siècle, la guerre à outrance. La guerre est la raison de vivre de la chevalerie. Et durant quarante ans, de 1341 à 1381, les opportunités de combattre, de se couvrir de gloire, d’honneur et d’or, sont nombreuses en Bretagne bien sûr, durant la guerre de Succession de Bretagne, guerre civile, où s’affrontent partisans de Jeanne de Penthièvre et partisans de Jean de Montfort, dans le royaume de France aussi, pendant la première phase de la guerre de Cent ans opposant le roi capétien de France au roi Plantagenêt d’Angleterre, mais encore en Espagne, dans le Saint-Empire et en Italie. Les chevaliers de Bretagne participent aux plus grands évènements militaires du siècle, aux batailles et aux sièges les plus célèbres. Ils en en sont mêmes les acteurs principaux, à tel point que Bertrand du Guesclin, le chef du parti de Jeanne de Penthièvre, devient connétable de France, soit le chef de l’armée du roi Charles V.
Des dizaines de milliers de documents compulsés au sein des archives révèlent un monde en pleine transformation. Alors qu’auparavant n’étaient cités que les chevaliers grands seigneurs et hommes politiques de premier plan, apparaissent dorénavant en pleine lumière l’ensemble du monde des hommes d’armes du duché de Bretagne, les chevaliers bien sûr, mais aussi ceux que l’on devinait seulement, les écuyers, les archers et les simples combattants, à tel point qu’il est possible de reconstituer l’histoire non plus vue du haut, à partir des structures dominées par une élite dirigeante, mais vue du bas, à partir des hommes, de leurs liens entre eux et de leurs actions.

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