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Mort et résurrection de Lucrèce Ou d’Histoire en histoires Par François Labbé

 

Les quelques lignes qui suivent ressemblent probablement à un coq-à-l’âne et plus d’un lecteur hésitera à aller jusqu’au bout[1]. Mais c’est ainsi, certaines pensées se font par sauts et par bonds, en gambadant au royaume des idées et, l’âge venant, je me laisse volontiers aller !

 

Tout se tient, dit-on. Bien avant l’anecdote du papillon australien, Voltaire croyait dur comme fer (ou faisait semblant de croire) que tout est nécessité. La Providence en moins, il n’avait probablement pas tort.

 

J’assistais naguère à une conférence donnée au buffet de la gare de Mulhouse (où avait lieu de longues années un « Café d’histoire »)  sur le premier livre d’histoire franco-allemand, l’idée, le projet, sa réalisation.

Séduisant d’emblée : la France et l’Allemagne ne sont-elles pas sœurs… germaines ? Qu’on songe à l’Empire de Charlemagne/Karl der Grosse, aux échanges culturels constants au cours des siècles, aux monastères, aux cathédrales, aux Huguenots, aux patriotes allemands sous la Révolution, à la fameuse légion germanique en 1792/3, à Anacharsis Cloots, à la Grande Armée, aux 50 000 Allemands vivant à Paris au début du XIXe siècle, à Chamisso de Boncourt, à August Lafontaine, à Theodor Fontane, à Heine se réfugiant en France, aux révolutions de 1848, à Renan émerveillé par l’Allemagne, à Hugo et son Rhin, à Benjamin mourant au pied des Pyrénées, au triste épisode de Gurs, à Stéphane Hessel, à…  Dany le Rouge !

Au lieu d’apprendre chacun dans son coin une histoire vue par la lorgnette nationale, une histoire forcément gauchie par l’ « idéologie », la tradition, les a priori et un inévitable chauvinisme, un tel manuel devait permettre  une vision plus harmonieuse des rapports actuels entre les deux pays.  Réduire l’Histoire à une romance nationale (voir les « gauloiseries » du candidat Sarko) occulte trop la part des influences, des échanges, des apports réciproques. Bien avant la naissance des nations modernes, l’Europe existait autrement… Mille raisons donc de saluer une telle publication et de penser qu’elle ne devrait être qu’une étape vers une vision de l’histoire moins jacobine qui, enfin, saurait faire la part de l’histoire des régions d’Europe, car il y a eu pendant des siècles des régions, des pays, des duchés, comtés, principautés, villes libres, républiques... (la Bretagne en est un des exemples phares) qui ont existé en l’absence de ces grands États, nés aux XVIIe et XVIIIe siècles, créations aussi artificielles que les pays africains modernes inventés par les colonisateurs...

Ce projet a été difficile à réaliser car il n’est pas simple de faire travailler ensemble des enseignants et qui plus est les enseignants de deux pays qui se sont si souvent opposés ! Il a donc fallu beaucoup discuter, transiger, remettre en question, découvrir de nouvelles perspectives. En même temps, particulièrement du côté français, il fallait respecter, adorer les programmes (Ah ! les programmes ! Comme Harpagon bégayait « Ma cassette ! Ma cassette ! », le prof, l’inspecteur n’ont qu’un horizon : le programme ! Ce qui s’appelle sans doute placer l’élève au centre du système scolaire !) et consacrer quelques pages à la fameuse dissertation historique, que les Allemands ne connaissent et n’apprécient pas (il faut d’ailleurs voir la crevasse existant entre les attentes et la réalité des copies !), veiller à ne pas heurter les susceptibilités (françaises)…

Mais le livre est né, en priorité destiné aux abi-bac. les ministères français et allemands (17 ministères en Allemagne, pays fédéral !) avaient apparemment joué le jeu et des éditeurs des deux pays ont accepté de soutenir une publication qui ne risquait pas de les enrichir. Le manuel de seconde est même paru, celui de première devait sortir lorsqu’on apprit quelques mois plus tard que la rue de Grenelle avait décidé de changer, pour la énième fois les programmes d’histoire (et il fallait voir dans quelle direction !). Dix années de travail réduites à rien ou à moitié rien puisque les élèves allemands, eux, continueront probablement à s’en servir… (À propos : où en est l’enseignement officiel de l’histoire de la Bretagne, messieur les Inspecteurs ?)

Cette conférence, la colère bien compréhensible du présentateur et initiateur du manuel, la présence impromptue dans la salle du café de manifestants CGT et CFDT venus prendre un verre après avoir clamé leur refus des désormais lois sur le travail m’ont donc fait penser, comme Voltaire que tout est lié : l’Histoire, les démissions gouvernementales, l’arrogance du politique, la rage des manifestants confrontés au mépris d’ « en haut ».

 

Si comme l’on dit l’Histoire ne se répète pas, il n’en reste pas moins qu’elle reste un excellent moyen d’apprécier l’actualité et il est dommage qu’on ne s’en serve pas assez pour réfléchir sur celle-ci, sur les grèves justement.

Un seul exemple : l’histoire romaine. On n’y accorde plus une grande importance dans nos programmes d’histoire. Et pourtant, il y aurait beaucoup à puiser, comme l’indiquait jadis dans un  article éclairant du Spiegel le philosophe allemand Peter Sloterjik sur la mise à l’écart systématique des citoyens dans les démocraties. J’ajouterais, la mise à l’écart tout en donnant l’impression du contraire !

L’histoire de la République romaine commence par un drame, un mythe d’origine tragique. Un fils du dernier roi étrusque, Tarquin le Superbe, avait convoité une Romaine, la belle Lucrèce, dont l’imbécile de mari, Collatinus, vantait les charmes à tout venant (pour les détails : voir Tite-Live ou/et Shakespeare). Toujours est-il que le jeune Tarquin, habitué à voir sa caste régner en maître, à se croire lui-même un être supérieur, au-dessus des lois, en arrive quasiment à violer la malheureuse. Désespérée et furieuse d’avoir dû subir un tel affront, une telle violence, Lucrèce se suicidera devant sa parentèle après avoir réclamé qu’on la venge.  L’exaction commise par le potentat sème un vent de révolte et d’indignation dans le peuple de Rome et les souverains étrusques sont chassés : plus jamais de rois, plus jamais ces individus impudents à la tête de l’État, décident les plébéiens. Le pouvoir sera désormais exercé par des Romains, par le peuple. Il sera pragmatique et profane : deux consuls élus annuellement  éviteront la concentration des pouvoirs, une sorte d’équilibre, ainsi que la confusion entre la fonction et la personne. Le népotisme disparaîtra naturellement. C’est ainsi qu’en 509 naît sans doute ce que nous continuons à appeler la république, une république qui se dotera d’un Tribunat et qui durera un demi-millénaire, jusqu’à ce que l’agrandissement de la zone d’influence romaine (voir Montesquieu entre autres) conduise au passage à un système qu’on peut qualifier de néo ou para monarchiste, l’empire des César.

La res publica plonge donc ses racines dans l’indignation et la colère du peuple à la nouvelle de la mort de Lucrèce, à la nouvelle d’une transgression inacceptable, d’un manque de respect constant. Les Romains agiront désormais en citoyens. Le début de la vie publique, telle qu’on la conçoit en Occident, naît donc du soulèvement de toute une population contre un affront qui vient d’être commis contre les lois de l’honneur et du cœur plus que contre un système qui les réduit à la portion congrue.  

Pourtant, malgré les précautions des législateurs, l’accroissement des richesses de certains, le prestige des militaires, l’influence croissante des religions fera que les vertus républicaines s’estompent jusqu’à disparaître : l’avidité des nantis se fait plus grande et la frugalité originelle cède la place à la pauvreté pour les masses. Mais les nantis savent déjà, intuitivement et parce qu’ils connaissent leurs origines, que les classes laborieuses (ou oisives) sont des classes dangereuses potentielles. Alors on invente le fameux Panem et Circenses (du Pain et des Jeux) qu’on présente au cours d’histoire comme destiné à assurer la léthargie des Plébéiens et qui n’est rien d’autre que la première mise en forme de ce qu’on appelle depuis quelques décennies la culture de masse. Il symbolise le passage de la république sénatoriale à l’état spectacle post-républicain avec au centre un empereur Monsieur Loyal divinisé et ses bouffons cousus d’or. L’empire romain – qui n’était alors qu’une monarchie césarienne – n’avait plus pour but que  l’élimination du sénat et du peuple, leur mise à l’écart du contrôle des affaires publiques, les César continuant cependant par tradition, par cynisme ou pour donner le change à proclamer leurs décrets et lois sous le fameux sigle SPQR (voir Astérix ! Sénat et Peuple de Rome) ! L’habit fait (comme souvent) le moine !

Sans doute, les historiens professionnels hausseront les épaules devant ces raccourcis osés et naïfs, mais ce qui me semble néanmoins important, c’est de noter que l’histoire nous donne depuis les origines des exemples de ces « affronts » que le peuple ne peut accepter, surtout quand ils viennent d’une classe politique qui dédaigne ses mandants, par son éloignement des réalités, par l’habitude de former une classe à part, une nouvelle aristocratie à laquelle se joignent comme toujours, les hochets du moment, les artistes du show-biz, les intellectuels du sérail, les journalistes dans le vent, les arrivistes de tous les bords. L’ire des contemporains de Lucrèce, celle bien plus tard du Père Gérard se déclinent à tous les âges et la colère des millions de manifestants devant l’impudence gouvernementale et  les errances politiques de la « gauche » qui n’a quasiment jamais existé que pour faire passer ce que la « droite » ne réussit pas à faire gober, s’inscrivent dans la même perspective. Le peuple lassé d’avaler des couleuvres descend un jour dans la rue et fait entendre sa voix en dehors des systèmes et des spéculations. On ne touche pas à Lucrèce sans risques !

Mais le chemin à faire est souvent long.

Tout indique que nous vivons le début d’une phase post-républicaine (au sens actuel et dévalué de « la république ») ou post 5e république, avec une démocratie dont on a du mal à deviner aujourd’hui le sens et la réalité. À Rome Du Pain et des jeux, le peuple exclu de la chose publique, aujourd’hui l’emprise des médias et des experts, des clubs, des G20, des G7, des OCDE, des spécialistes qui donnent des notes aux pays, du FMI--- Exclus encore, exclus toujours, les citoyens ! Une fois tous les cinq ans, droit de voter et puis « stand-by » : retournez jouer devant la porte, participez aux découvertes de nouveaux talents, lisez les romans primés, grattez vos tickets de loterie, la télé réalité, les petits mouchoirs vous montrent le monde, inutile d’aller plus loin, de chercher ailleurs, NOUS travaillons pour vous, remplissez vos caddies, dépensez et bossez ! Le bonheur, disent les chefs d’État, la perspective suprême, the new frontier ce sera d’atteindre moins de 3% de déficit annuel, ainsi VOTRE dette personnelle diminuera ou restera dans des limites acceptables ! Le pied !

Pendant ce temps des centaines de milliers d’émigrants, de fuyards des horreurs souvent suscitées, entretenues par nous, croient trouver chez nous une paix qui leur est interdite chez eux  ( Le Drian signe aujourd’hui un gros contrat de vente de chasseurs à l’Inde – Connaît-il la misère des sans castes, la pauvreté de la majorité des Indiens ? Pour la connaître vraiment, il faut y avoir vécu, comme je l’ai fait, et c’est une expérience terrible ! Le profit généré par les exportations françaises en matière d’armement a décuplé en 10 ans avec en couronnement les hélicos livrés à l’Arabie saoudite). 

Mépris, encore. Mépris toujours.

 

Revenons à ce que je disais au début : tout se tient et l’histoire ne se répète pas. J’assiste à une conférence qui proteste contre l’arrogance avec laquelle l’histoire est traitée par l’éducation nationale (et le Centre d’histoire de Bretagne est bien placé pour en parler !) ; des manifestants venant de défiler dans la rue contre l’autisme gouvernemental  entrent dans la salle et écoutent avec attention la conférence, les banderoles appuyées contre les murs. L’impudence ministérielle les révoltes, les révulse encore davantage. Ils voient dans cette anecdote du manuel franco-allemand, le microcosme de la situation générale ! Ils protestent et le font savoir. Ils me rappellent ces Romains se précipitant au Forum pour y défendre leur honneur violé en la personne de Lucrèce. Eux aussi sont allés au Forum clamer leur mécontentement et ils y retourneront, croyez-moi ! Un peu comme naguère les Bonnets-Rouges sur les routes de Bretagne : ne pas s’en tenir à l’événementiel, aux déplorables et condamnables exactions (matérielles), ne pas discuter de l’héritage fondé ou pas des ancêtres de 1675, ne lancer ni un réquisitoire ni un discours d’experts en histoire (futile et détournant des réalités) mais s’en tenir à l’expression « par les moyens qu’on peut » (comme le disait un BR brûlant des pneus sur une voie rapide) d’un profond malaise face à l’arrogance de dirigeants qui font semblant de ne pas comprendre le fond des choses et se masquent de toutes les arguties possibles.

Ces hommes qui nous gouvernent ont oublié ce que les Anciens savaient : ce qui motive l’homme ne se ramène pas seulement à la libido, à l’argent, au Panem et Circenses (Freud, ce petit-bourgeois viennois a brouillé les cartes). Pour faire vite, la télé, le cul et le fric ne suffisent pas à déterminer les comportements, c’est d’ailleurs ce qui explique la difficulté que les « experts » (psychologues, sociologues…) ont pour expliquer ce qui se passe dans les sociétés dites modernes : il y a aussi, il y a surtout le « thymos » grec, la thymie, l’ensemble des affects émotionnels. L’homme est certes porté par son Éros (force de vie) mais il l’est autant par sa fierté, son besoin de respect (autres forces de vie) et il n’est pas étonnant d’entendre les jeunes des banlieues (et d’ailleurs) répéter inlassablement qu’ils en ont assez du manque de respect qu’on leur prodigue ! Dans les sociétés, l’honneur de l’individu, sa fierté demeure centrale. On peut anesthésier les populations par la violence et la répression, toutes les drogues possibles, il arrivera toujours un moment où les masses au nom de cet honneur violé, à cause de l’irrespect qui les écrase, se soulèveront pour que l’arrogance et l’avidité de quelques-uns ne prennent jamais définitivement le dessus et qu’on retrouve des règles qui rendent la vie... vivable et à chacun de vivre en harmonie avec son moi profond.

On ne viole pas Lucrèce impunément.

Espérons-le.

J’aimerais encore ajouter, à l’adresse des raisonneurs, des économistes qui nous indiquent les seules voies possibles, des politiques pragmatiques, des intellos supérieurs, des « leaders » de tout acabit qu’à plus ou moins longue échéance, c’est la rue qui sera en définitive, a posteriori, toujours dans le vrai.

 

  Anacharsis Cloots, l’Orateur du Genre humain, (mon philosophe préféré !) écrivait :

 

Prenez les hommes un à un,  vous gémirez sur leurs inepties ; prenez-les en masse et vous admirerez le génie de la nature. Nous sommes étonnés chaque jour des prodiges du peuple libre ; c’est que le peuple,  la collection des individus,  en sait plus qu’aucun individu en particulier ; et quand ce peuple sera composé de la totalité des humains,  on verra des prodiges bien plus étonnants.

(Bases constitutionnelles, 1793,p. 32)

L’esprit public ne s’arrête sur aucun calcul particulier : le peuple livré à lui-même ne connaît que l’intérêt de la masse,  le résultat de tous les intérêts individuels ; il est nécessairement vertueux,  car la vertu est essentiellement nécessaire à la société et le vice lui est essentiellement nuisible : donc la société libre,  le peuple homogène,  la nation nivelée doit avoir horreur du vice ; le génie du peuple se compose de toutes les facultés particulières. (Discours du 27 juillet 1793)

 

 François Labbé, tous droits réservés



[1] Bon! Je coquettise! Mes contributions obtiennent en moyenne 5-6 « clics ». Si je me berce de l’illusion que la moitié des « cliqueurs » lit la totalité de ces pavés indigestes et erratiques, on tombe au mieux à 2 ou 3. Ce qui prouve tout de même que grâce à Internet, on n’est jamais seul...


Celtitude 3. Histoire littéraire de la Bretagne et des Bretons de François Labbé

Dans les deux précédents articles, j’ai essayé de montrer le développement et l’évolution historique du concept « celte ». Ces érudits de la fin du XVIIe et surtout du XVIIIe siècle qui veulent en quelque sorte faire le ménage dans les traditions, superstitions, routine intellectuelle sont en premier chef intéressés par une véritable histoire du monde et de la création. Pour la majorité, c’est d’ailleurs dans une perspective apologétique. Lire la suite ICI


Georges Perros. Chronique de l’histoire littéraire des Bretons et de la Bretagne par François Labbé

Un jour Yves Landrein, directeur fondateur de la maison d’édition La Part Commune me téléphona pour m’annoncer qu’il souhaitait publier un roman que je lui avais soumis. De passage à Rennes, je me précipitai sur les quais, dans son antre, sous les toits. Nous avons longtemps discuté de mon livre bien sûr, mais aussi de son œuvre de (jeune) poète (Sevy Valner, Zébrures et d’autres recueils parus chez Seghers) et d’éditeur (Ubacs), ce métier – cette vocation – qui le possédait. Tout jeune homme, il avait eu l’honneur d’être cité par Jacques Prévert dans son poème C’est l’été : Lire la suite ICI

 


Celtitude (1) chronique de François Labbé

 Ma mère n’avait qu’une fierté : être bretonne et, lectrice d’Octave Feuillet, de Zénaïde Fleuriot, d’Émile Souvestre, de François-René, elle avait une idée très précise des vertus bretonnes. Pour elle, le premier bien était d’appartenir à la grande famille celte, avec les Irlandais, les Gallois et les Écossais (!). Elle ne parlait pas un mot de breton, étant née près de Dinan et rejetait le gallo (langue trop liée à une enfance pauvre) mais admirait tout de même les productions qu’elle attribuait au génie celte : les dolmens et les menhirs (!), les églises et leurs statues, les légendes et les contes, les chemins creux et les vieux manoirs... Elle portait un triskell en sautoir. Lire la suite ICI

 

François Labbé, tous droits réservés



[1] Auteur (entre autres) de L’île d’Ouessant, 1768. Le monde insulaire resté pur sert de décor à une intrigue opposant les mœurs fières et vertueuses des Ouessantois aux mœurs féroces des pirates (non celtes) qui habitent sur une autre île. L’auteur évoque les mystères du monde celte avant de conclure à la nécessité d'une régénérescence morale et d'un nouvel ordre social.

[2] « Discours d’ouverture. Sur l’établissement de l’Académie Celtique, les objets de ses recherches et le plan de ses travaux ; lu à la première assemblée générale de cette Académie ; le 9 germinal an XIII, par le Secrétaire perpétuel » (Eloi Johanneau), Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 63-64). Parmi les fondateurs :   Dulaure, Ginguené, Duval, Lanjuinais, Denoual de la Houssaye et la plupart des érudits jadis liés aux projets de Court de Gébelin ayant survécu à la Révolution.   Pour Mona Ozouf, es buts de cette académie éphémère n’étaient rien moins que d’inventer l’ethnographie en France. La société compte à sa fondation 86 membres résidents, 32 non-résidents, 31 étrangers et 67 associés indépendants. Les plus grands noms de France mais aussi d’Europe en font partie, l’engouement semble être prodigieux au début, mais, malgré les 6 volumes de mémoires, l’apport est réduit et les membres paraissent avoir été aussi peu assidus que fidèles. Les premiers mémoires paraissent en 1807 et seront continués par les Mémoires de la Société des Antiquaires de France. Le nom même d’Académie celtique disparaît définitivement en 1814.

À Paris, l’Institut historique accorde une place importante aux recherches celtiques. Le Gonidec y sera plusieurs fois invité. Le Lycée Armoricain paraît pour sa part à partir de 1823 et Émile Souvestre y débute, mais plus celtophile que celtologue, il est un peu le Balzac de la Bretagne.

 


La Bretagne et la guerre

Là encore vaste sujet. Au moment où l’on doit affronter les armes à la main les conséquences de la guerre de religion qui opposent Sunnites et Chiites, conflit multi-centenaires, afin de savoir qui des descendants du Prophète Mahomet ou de chefs politico-religieux élus ou auto-désignés, doivent diriger le monde musulman, trois Bretons ont été désignés pour nous protéger : le ministre de la Défense bien sûr, le nouveau chef d’Etat-major auprès du président de la République et le Directeur général de la Sécurité intérieure. C’est à se demander si les Bretons n’ont pas un rapport particulier avec la guerre. C’est la question que je me suis posé lorsque j’ai choisi ma thèse de doctorat. En explorant le sujet les gens de guerre au Moyen Age, je me suis vite aperçu que je devrais défaire une énorme pelote. Le résultat a été une thèse de 7 kg de papier, 1500 pages et encore sur uniquement la période allant de 1213 à 1341… Il faudrait donc plusieurs vies pour tout traiter. Lire la suite ICI
Frédéric Morvan, tous droits réservés.

Chronique de Frédéric Morvan. Les Bretons et le christianisme.

Vaste sujet, énorme même. J’aurais pu titrer les Bretons sont avant tout chrétien, mais par les temps qui courent cela n’aurait peut-être pas plu. Ou peut-être encore les Bretons ont été le fer de lance du christianisme ? Après tout, la démocratie chrétienne a été « inventée » par un député de Bretagne, le comte de Mun. Après tout, les missionnaires bretons ont « évangélisé » des régions entières en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique. Après tout, ce sont les saints britonniques, ceux-là même qui sont en grande partie à l’origine des structures culturelles et politiques bretonnes, qui ont permis la christianisation des campagnes de l’Occident chrétien. Si l’on veut parler de la culture bretonne, on doit d’abord parler du christianisme en Bretagne et chez les Bretons. Lire la suite ICI
Photo : quelques statues de la Vallée des Saints à Carnoët.

Frédéric Morvan, tous droits réservés


Chronique de l’histoire littéraire de Bretagne et des Bretons par François Labbé : Le père Hardouin, un « hérésiarque pernicieux » et breton

Dans une chronique précédente, j’ai rapidement évoqué la figure du Quimpérois Jean Hardouin, un érudit jésuite que son compatriote le père Tournemine s’efforça de faire taire tant ses thèses pouvaient paraître dangereuse.
Hardouin est peu connu en France, davantage chez les Anglo-saxons passionnés par une œuvre assez exceptionnelle qui n’est pas sans annoncer les visions d’un Orwell où les techniques que mettront au point pour réécrire l’histoire les régimes dictatoriaux du XXe siècle ! Lire la suite ICI
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Chronique littéraire de Bretagne et des Bretons de François Labbé : Claude Le Coz, l’évêque révolutionnaire


Chronique de l’histoire littéraire des Bretons et de la Bretagne par François L’ABBE : René-Guy Cadou : « Mon enfance est à tout le monde »

Le 21 juin 2014, je venais d’arriver en Bretagne avec l’été, à Morlaix exactement, lorsque j’appris une nouvelle qui m’attrista beaucoup : Hélène Cadou venait de mourir. Quelques années auparavant, à Nouméa, où j’enseignais à l’IUFM, on m’avait beaucoup parlé, à moi le Breton, du court séjour qu’Hélène avait fait sur le Caillou, rencontrant élèves et professeurs, récitant ses textes et ceux de René-Guy, semant partout où elle allait la poudre d’or de la poésie. J’avais lu avec émotion son livre Le bonheur du jour, mais assez tard, car ma vraie rencontre avec René-Guy Cadou Lire la suite ICI



Chronique de l’histoire littéraire de la Bretagne et des Bretons par François Labbé : Daillant de la Touche, un Neveu de Rameau breton

 

 

Le Candide de Voltaire est une des œuvres majeures des Lumières et il s’en est suivi une mode qui s’est prolongée bien au-delà du XVIIIe siècle d’ouvrage « dans le goût du Candide » et naguère Jacques Vercruysse a écrit un bel article sur « Les enfants de Candide ».

Je viens d’avoir la chance de lire un de ces bâtards de Candide, que les rares chercheurs qui l’ont étudié qualifient peu ou prou de Candide breton. Il s’agit du petit roman de Daillant de la Touche, Kerfolin ou l’étoile. Histoire véritable, paru en 1785. LIRE LA SUITE ICI


[1] Cristina Trinchero, « Histoire et mémoires d’un  poète oublié, François-Jean Daillant de la Touche », in :   La ricerca della verità  a cura di Piero de Gennaro, 2010,Torino.   Bibliothèque Nationale de France [BNF]: Mss Nouv. Acq. Fr. 9196, Collection Ginguené 5. Correspondance, fol. 79-233; Lettre de Ginguené à Marmontel, s. d. [1783], fol. 11-12; Et Bibliothèque Historique de la Ville de Paris [BHVP], Collection Parent de Rosan III, vol XX: Papiers de Ginguené, fol. 216-227 etc.

 

Article de Construire la Bretagne sur le CHB-KIB

« L’histoire n’est pas derrière nous, elle est sous nos pieds ». Fondé en octobre 2012 et présidé par Frédéric Morvan, le Centre d’Histoire de Bretagne / Kreizenn Istor Breizh est une association dont l’objectif est de proposer des contenus, d’être un intermédiaire et d’aider dans différents registres à la diffusion de l’histoire bretonne. L’association produit ainsi de manière directe plusieurs études, Lire la suite ICI

Chronique littéraire de la Bretagne et des Bretons par François Labbé : François Duine, clerus dolensis en quête de vérité

Dans mon enfance, ma mère m’envoyait chaque semaine au bureau de tabac de l’avenue du Cimetière de l’Est à Rennes pour aller chercher ses Bonnes soirées. Je passais par un raccourci qui me permettait de grimper sur un mur et de jouer les équilibristes. Cette ruelle sombre et délaissée, abandonnée aux « mauvaises herbes », avait pour nom « rue François Duine », François, comme moi. Ce Monsieur Duine, mort à 54 ans (ce que je trouvais bien âgé) m’était ainsi sympathique, et sa rue, presque toujours vide était ma rue... Lire la suite ICI  


Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : la diversité sociale des Bretons.

Lorsque l’on parle de l’histoire sociale de la Bretagne et des Bretons, on a l’impression qu’il y a deux parties : les riches, voire les très riches, et les pauvres, voire les très pauvres. Cette impression provient de ce XIXe, siècle vraiment maudit pour la Bretagne et sa population, où le territoire comme ses habitants ont connu en masse une profonde misère et l’émigration En fait, c’est beaucoup moins simple qu’il n’y paraît. Lire la suite ICI
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Chronique de l’histoire littéraire de la Bretagne et des Bretons par François Labbé : François-René-Jean de Pommereul, ou comment un philosophe devient préfet.

François-René-Jean de Pommereul est né à Fougères en 1745. Il appartenait à une famille noble mais pauvre comme il en existait beaucoup en Bretagne. Jean Meyer comptait au minimum 25 000 personnes appartenant à la noblesse bretonne au début du XVIIIe siècle et il évoquait ces aristocrates « dépourvus de tous biens » et qui étaient incapables de payer le moindre impôt. Des villages comme Pordic ou Plouha comptaient alors respectivement 25 et 46 familles nobles, Plélo 16 ! Lire la suite ICI


Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : la diversité bretonne en mouvement

Il y a bien sûr une Bretagne, grande, plus vaste en superficie que la Belgique, diverse dans ses paysages – dès que l’on traverse la Loire, les toits sont couverts de tuiles majoritairement et plus en ardoises. Il n’y a pas bien sûr un seul Breton, mais des Bretons et des Bretonnes. Pour ceux qui voulaient, veulent, voudraient un homo britonnicus, comme certains ont voulu un homo anglicanus, un homo sovieticus, un homo americanus, etc, ils en seront pour leurs frais. Les Bretons et les Bretonnes sont multiples et en mouvement comme le révèlent, à mon humble avis, quelques éléments historiques. Regardons dans les trois mondes, pas assez liés entre parenthèses à mon goût, de la politique, de l’économie et de la culture. Lire la suite ICI 


Chronique de l’histoire littéraire des Bretons et de la Bretagne par François Labbé, Yves-Marie André ou l’opiniâtreté bretonne

Il est sans doute un philosophe que les Bretons connaissent peu : leur compatriote, le père Yves-Marie André. Encore un jésuite, direz-vous, oui, mais cette fois, un jésuite cartésien, un homme des Lumières et un auteur ami de la vérité et qui a dû subir les foudres de sa Compagnie car il ne voulut jamais céder à l’intolérance ni taire ce qu’il pensait.

Il est né à Châteaulin en 1675 comme par un signe du destin, l’année des Bonnets Rouges et de l’arrêt du Conseil contre le cartésianisme ! Avec ces deux fées à son berceau, sa destinée ne pouvait être qu’étonnante. Lire la Suite ICI


Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : l’Angleterre et la Bretagne

Ainsi donc les habitants du royaume d’Angleterre et la principauté des Galles souhaitent que la Manche, la mer bretonne en breton, le Channel (ou canal) en anglais, redevienne une frontière une nouvelle fois, que la Bretagne soit coupée encore une fois de son grand voisin du Nord. La création de l’Union européenne était parvenue à effacer cette frontière. Elle envisageait même de former une grande région dont la Manche ne serait qu’un grand fleuve qui l’irriguerait. Mais encore une fois… Et pourtant l’histoire des liens entre la Bretagne et de l’Angleterre-Galles est extrêmement riche, autant, voire davantage que ses relations avec ses voisins de l’Est. Lire la suite ICI
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Chronique de l’histoire littéraire des Bretons par François Labbé, Roger Vercel ou les errances idéologiques d’un ancien combattant

Roger Vercel est le grand contemporain de la ville où « j’on vu le jour ». Ma mère avait eu cette chance de le rencontrer alors qu’elle était jeune fille. Je raconte cette aventure assez extraordinaire dans La Soue, un roman biographique dont Lucienne, l’héroïne, lui ressemble beaucoup. L’assène se passe à l’Aublette, près de Dinan, le jour des courses. Lire la Suite ICI

 

Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : la réussite scolaire des Bretons

Et oui, les Bretons réussissent très bien à l’Ecole. Mon futur proviseur vient de m’annoncer que mon principal problème l’an prochain consistera à répondre aux questions brillantes des élèves. Depuis des décennies, les lycées de cinq départements bretons obtiennent les meilleurs résultats de France au BAC, plus de 90 %. Le lycée Diwan de Carhaix vient d’être classé 4e meilleur lycée de France. Comment expliquer ce succès ? Les chauvins répondront par un « c’est normal, les Bretons et les Bretonnes sont génétiquement plus intelligents ! ». Ben voyons ! Et ils sont aussi les plus beaux du monde. Plus justement, il y a la pression familiale et sociale. La famille bretonne est plus qu’ailleurs regardante sur le travail scolaire. Pour la société bretonne, l’école joue un rôle essentiel. Et ce n’est pas nouveau. Lire la suite ICI



Chronique de l’histoire littéraire des Bretons par François Labbé, Un préromantique breton, Loaisel de Tréogate

Bécherel est un lieu de pèlerinage pour qui aime le livre. Sur son piton, la vieille cité et ses libraires un peu mystérieux dans leurs antres divers et chaleureux est une étape nécessaire : feuilleter des bouquins, boire une bonne bolée en dégustant une galette cuite sur le trépied. Je m’y arrête toujours quelques heures quand je viens du Margraviat de Bade où j’habite (Breton de la Diaspora !) et que je file sur Carantec pour me retrouver « au pays ». C’est là qu’un jour j’ai découvert et acheté  un petit livre en mauvais état : les Soirées de mélancolie de Loaisel de Tréogate. La sincérité de ces nouvelles poétiques m’a beaucoup impressionné, voire touché. Pour moi qui me suis intéressé d’assez près à la poésie des années 1770-1790, ce recueil était une exception car la plupart des poètes de cette époque écrivent des préciosités artificielles qui sont un peu comme ces bouquets compliqués que l’on trouve sous verre chez un antiquaire : desséchés, décolorés, sans parfum. Lire la suite ICI


Chronique de la semaine par Frédéric Morvan : l’esprit d’entreprendre, une spécificité bretonne ?

Je vais répondre tout de suite à cette question : je ne le pense pas, sans doute pas plus qu’ailleurs. Et pourtant, les Bretons et les Bretonnes sont aujourd’hui partout, influents, voire même puissants, dans les domaines culturels – rien qu’en histoire de la Bretagne, on sort des dizaines de bouquins sur le sujet par an, les auteurs et les éditeurs bretons se comptent par centaines, les chanteurs bretons et bretonnes sont plus que célèbres -, dans le domaine politique – regardez du côté du gouvernement, regardez du côté de la Haute fonction publique -, dans le domaine économique – bien sûr le fameux club des Trente qui réunit une soixantaine de très grands entrepreneurs bretons et amis de la Bretagne. Lire la suite ICI

Frédéric Morvan, tous droits réservés.





Chronique de l’histoire littéraire des Bretons par François Labbé, Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde (1648-1734), un abbé qui aimait les femmes

 

Encore un inconnu, vont se dire les quelques lecteurs de cette chronique ! Un tic ! Une obsession, ces minores bretons ! Eh bien oui ! À quoi bon évoquer Chateaubriand ou Renan que tout le monde connaît ? Pezron, Bougeant, Tournemine, Loaisel, Morvan de Bellegarde, par contre... En effet, ces écrivains que l’on ne connaît plus ou si peu ont été très lus de leur vivant et du point de vue de l’histoire des mentalités, se pencher sur leurs écrits, s’interroger sur les causes (et les conséquences) des succès qu’ils ont connus peut être riche d’enseignements.

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Chronique de la semaine par Frédéric Morvan : La Bretagne et les Bretons, au tournant de leur histoire ?

Si on regarde la semaine écoulée, qu’est-ce qu’il y a de commun entre l’OPA réussie du breton Vincent Bolloré sur l’entreprise Gameloft, ce qui a entrainé le départ du PDG de cette entreprise, le breton Michel Guillemot, l’assemblée générale de Bretagne Culture Diversité, une conversation fort intéressante avec une conseillère régionale et un important historien breton, les manifestations à Rennes, le changement de noms de beaucoup de municipalités à l’occasion de fusions de communes, l’absence de réaction des inspecteurs de l’Education nationale, et la découverte qu’un million de jeunes (de moins de 40 ans) sont retournés vivre chez leurs parents faute de moyens ? Lire la suite ICI


Chronique de l’histoire littéraire de François Labbé : Le père René-Joseph de Tournemine (1661-1739). Un ironiste rennais ?

 

Parmi les collaborateurs du Journal de Trévoux se trouvaient un très grand nombre de Bretons : les Quimpérois Guillaume-Hyacinthe Bougeant (1690-1743) et Jean Hardouin (1646-1729), les Vannetais Joseph Baudori (1710-1749) et Jean-Marin de Kervillars  (1668-1745), les Rennais Antoine Despineul (1657-1707) et Jean-François Fleuriau  (1700-1767), le  Vitréen Charles Frey de Neuville, le père Charles Le Gobien de Saint-Malo (1653-1708), le Nantais Le Brun (1607-1663), Morvan de Bellegarde (1648-1734) de Piriac près de Nantes, Yves-Marie André (1675-1764) de Châteaulin... Lire la suite ICI

Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : enseigner l'histoire de Bretagne

J’avais le choix cette semaine entre deux sujets : les grèves et l’enseignement de l’histoire de Bretagne. Je choisis la seconde bien sûr. Je ne suis qu’un modeste historien. J’ai dit un jour à un célèbre militant de la cause bretonne que l’histoire de la Bretagne est plus importante que la langue bretonne. Puis je me suis ravisé devant sa tête en lui disant qu’elle est aussi importante. Si la langue bretonne est danger, c’est le moins que l’on puisse dire, l’histoire de Bretagne l’ait tout autant comme le révèlent les différents sondages réalisés par les associations tel Bretagne Culture Diversité ou par des journalistes. Pourquoi ? Si des dizaines de livres sortent tous les ans sur le sujet, cette histoire n’est guère enseignée. Lire la suite ICI

chronique de l'histoire littéraire des Bretons par François Labbé : Germain François Poullain de Foix

Quand j’étais gamin, dans les années cinquante, j’allais parfois avec mon père à vélo jusqu’aux étangs d’Apigné pour une partie de pêche. Après Rennes, on traversait alors une lande très agréable  avant d’arriver à La Prévallaye, sauvage et boisée : Sainte-Foix. Un jour, un vieux pêcheur m’avait raconté qu’Henri IV, en visite à Rennes, s’était reposé en cet endroit après une partie de chasse, à l'ombre d'un grand chêne, sous lequel lui-même avait joué à la fin du siècle précédent. 

Ce que je devais découvrir plus tard, c’est que ce lieu-dit Sainte-Foix, qu’on appelait aussi Saint-Foy, appartenait au XVIIIe siècle à une famille rennaise fortunée, les Poullain et que cette terre et la ferme qui s’y trouvaient avaient échu en apanage au fils aîné qui prit l’habitude de se présenter comme Poullain de Saint-Foix pour se distinguer de son célèbre frère, le juriste Poullain du Parc. Lire la suite ICI


François Labbé répond aux inspecteurs

 

L’Histoire de la Bretagne

 

Un inspecteur est seulement un minuscule engrenage perdu dans la grande machine de l’EN, un adjudant ! Le petit doigt sur la couture du pantalon, il « transmet » et fait appliquer ce qui vient d’ « en haut ». En bon fonctionnaire, il fonctionne comme ON le veut. Il a pu devenir IPR par idéalisme (imaginant pouvoir faire passer un message), pour échapper aux élèves ou pour satisfaire à ses pulsions autoritaires, son désir d’être un petit chef... Il fait une « carrière » en attendant (peut-être) de devenir inspecteur général et d’approcher ainsi la sphère du pouvoir, le saint des saints...

 

La voix de son maître se fait entendre dans cette lettre :  à des questions bien précises sur la réalité et la nécessité d’enseigner l’histoire de la Bretagne, les inspecteurs répliquent en utilisant la langue de bois traditionnelle dans ce genre de « dialogue » : hors du « programme, point de salut ! Mais à l’intérieur de ce programme (qui ne fait aucune place dans le cas qui nous intéresse à l’histoire de la Bretagne), le professeur est « libre » de sa démarche et de ses exemples ! Une liberté surveillée, en quelque sorte. L’histoire de la Bretagne devient un aimable accessoire simplement destiné à illustrer, enjoliver le « programme » : Ils (les enseignants) peuvent donc bien évidemment prendre des exemples dans le cadre breton tant en histoire qu’en géographie, non dans une perspective d’histoire ou de géographie locales ou régionales, mais pour concrétiser les phénomènes et les notions qu’ils abordent [...] Et, au cas où le lecteur n’aurait pas compris, on répète cette injonction du « point de salut hors des programmes » :  Il ne s’agit toutefois pas d’«enseigner l’histoire de la Bretagne », mais bien de mobiliser des repères ou des exemples en vue de construire les apprentissages attendus dans le cadre des programmes nationaux.

Les choses sont claires : aux demandes elles aussi claires du CHB, l’habituelle fin de non-recevoir !  La fameuse « liberté pédagogique » dont il est ensuite question est du même acabit et la (énième) réforme des collèges aussi (je signalerais d’ailleurs le coup porté aux enseignements bilingues !).

Il faudrait peut-être un jour changer de mode de communication, Messieurs les inspecteurs ! Vous n’avez plus en face de vous des enseignants timorés qui attendraient tout de votre grâce, une progression de carrière ou une mutation plus rapide. Ils espèrent autre chose de vos compétences : une aide, un soutien, une véritable écoute, et d’abord  que vous fassiez bouger la Machine, que vous-mêmes cessiez de vous comprendre comme des courroies de transmission trop dociles. Choisir de devenir « inspecteur » devrait répondre à des projets personnels qui transcendent le simple désir de carrière ou de fuir la classe. Il faudrait songer à écouter la piétaille, à coopérer avec elle pour faire évoluer le jurassic-parc de la rue de Grenelle. Ancien proviseur d’un lycée franco-allemand où j’ai dû beaucoup ferrailler avec la Direction des lycées et le Ministère n’arrivant pas à comprendre qu’on peut positivement évoluer hors d’une prétendue doxa franco-française, hors du carcan national. Mais j’ai aussi eu le plaisir de rencontrer un inspecteur d’histoire courageux qui a défendu avec pugnacité la cause du bilinguisme et qui ne se contentait pas de dire « le programme, mon programme » comme Harpagon « ma cassette, ma cassette » ! Hélas, il était bien seul et la Belle au bois dormant du Ministère est rétive aux princes charmants ! À la fin du XVIIIe siècle, un pédagogue et dictionnairiste de talent (oublié par la culture officielle), Jean-Charles Laveaux, affirmait que le mal qui rongeait l’école et la pédagogie était la routine et que c’était contre cette routine qu’il fallait se battre car elle était une sorte de rouille qui paralysait, ankylosait d’ailleurs les grands corps de l’État. Les choses n’ont pas vraiment changé, hélas ! À nous de continuer de réclamer.  Et d’espérer !

F. Labbé, agrégé, Docteur ès lettres...

PS. Ceci dit, ne faisons pas la fine bouche : Messieurs les inspecteurs autorisent tout de même quelque chose d’important : [...], concernant un EPI portant la thématique « langues et cultures régionales », il n’est nullement obligatoire de le dispenser dans une langue régionale, [...] . Ceci revient à dire que si ce n’est pas obligatoire, c’est permis : donc pas d’hésitation, si on  le peut, en gallo ou en breton  l’EPI !

Des inspecteurs d'histoire et de breton de l'Académie de Rennes répondent au CHB-KIB

Au nom du Recteur de l’Académie de Rennes, deux Inspecteurs de l’Académie de Rennes, l’un d’histoire et l’autre de breton, répondent au courrier  du CHB-KIB en date du 30 mars dernier.

Rennes, le 18 mai 2016,

Monsieur,

Votre courrier en date du 30 mars dernier nous a bien été transmis et nous avons pris bonne note de vos remarques.

Comme cela vous avait été rappelé à l’issue de votre précédente demande d’entretien au mois de novembre 2014, les professeurs ont toute latitude pour employer dans le cadre de leur enseignement les ressources qui leur paraissent les plus appropriées à la mise en œuvre des programmes. Ils peuvent donc bien évidemment prendre des exemples dans le cadre breton tant en histoire qu’en géographie, non dans une perspective d’histoire ou de géographie locales ou régionales, mais pour concrétiser les phénomènes et les notions qu’ils abordent et sans se limiter au cadre de la région. Il ne s’agit toutefois pas d’«enseigner l’histoire de la Bretagne », mais bien de mobiliser des repères ou des exemples en vue de construire les apprentissages attendus dans le cadre des programmes nationaux.

L’actuelle réforme du collège, en renforçant la possibilité de choix offerte aux enseignants, ne fait dans ce domaine que confirmer leur liberté pédagogique. Les enseignements pratiques interdisciplinaires, qui sont des modalités particulières de traitement des programmes, contribuent tout particulièrement à cette liberté. En revanche, concernant un EPI portant la thématique « langues et cultures régionales », il n’est nullement obligatoire de le dispenser dans une langue régionale, ainsi que cela a pu être rappelé lors des journées de formation qui se sont déroulées depuis le mois de décembre dans l’académie lorsque la question a été posée.

Enfin, en ce concerne le mouvement de mutations sur des postes à profil SPEA, je vous rappelle qu’il répond à une procédure spécifique et qu’il est actuellement en cours. Les demandes sont par ailleurs soumises à l’avis des organisations représentatives dans le cadre d’un groupe de travail.

En espérant avoir répondu à vos interrogations, nous vous prions de recevoir, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Et c’est signé par Christian LIPPOLD, IA-IPR d’histoire-géographie et Rémy GUILLOU, IA-IPR Langues et Cultures Régionales.

Pour info : Un IA-IPR est un inspecteur d’Académie-Inspecteur pédagogique régional.

Chronique de la semaine : De la disparition de la langue bretonne

La semaine dernière, dans une conversation avec une jeune collègue prof (pour moi, jeune signifie maintenant moins de 50 ans), elle m’a dit « le breton est une langue morte… » et en voyant mon étonnement elle a rajouté « euh… je crois ??? ». Je lui ai demandé si elle était bretonne. Elle m’a répondu par l’affirmative. Les propos de cette enseignante n’ont aujourd’hui absolument rien de surprenant. Elle démontre une situation banale, qui a suscité récemment une véritable polémique lors de l’Assemblée générale de l’Institut Culturel de Bretagne et même la détermination il y a encore quelques jours de Yannick Baron d’alerter sur l’urgence de la situation en effectuant une grève de la faim. La Région Bretagne a décidé, d’après mes informations, de réunir sur le sujet des Assises en septembre-octobre 2016. Alors qu’il y a encore 50 ans, des centaines de milliers de Bretons et de Bretonnes parlaient le breton, y compris ma grand-mère et marraine, aujourd’hui selon Fañch Broudig on compte à peine 180 000 locuteurs. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette chute vertigineuse ? Regardons ensemble dans l’histoire de Bretagne. Lire la suite ICI


Eugène Guillevic, le roc et les choses

Eugène Guillevic, le roc et les choses : « Je ne cherche pas à créer d'ambiguïté, et je fuis la bêtise. » (Entretiens avec P. Marin)

 

Guillevic est lié à mon histoire personnelle d’une façon curieuse. J’habitais alors l’Allemagne, les bords du Rhin non loin de Fribourg et je venais de terminer un essai sur le premier traducteur français de Schiller, J.-H.-Ferdinand Lamartelière. Lire la suite ICI

Chronique de la semaine de Frédéric Morvan : les Bretons et le desespoir

J’ai été confronté cette semaine, de la part d’amis, d’élèves et même à la TV à des comportements désespérés. Tout le monde sait que la misère, sociale, financière, politique, culturelle, affective, amène au désespoir et que le désespoir, si l’on ne trouve pas de solution, si le mur est trop haut à franchir, si l’injustice ressentie est trop grande, peut amener à la violence, ou à une certaine violence, mais aussi à la fuite, à l’exil. L’histoire des Hommes est bourrée de désespérances. Cette semaine, voyons ensemble quelques cas dans l’histoire des Bretons et de la Bretagne. Lire la suite ICI

Frédéric Morvan, tous droits réservés


chronique littéraire de François Labbé : Armand Robin

À la faculté des lettres de Rennes, la section celtique avait une réputation particulière et sulfureuse dans les années 1967-70. On y rencontrait les types les plus étonnants au bar de la section. On y buvait sec en trinquant à la Bretagne libre et on y draguait pas mal au nom de l’amour libre. J’avais ainsi fait la connaissance d’une fille éprise de poésie, de Bretagne et de libertés. Vaguement étudiante, elle vivait avec un maître de conférences spécialiste de Rimbaud. Comme son ami était très occupé par ses recherches, elle avait beaucoup de temps, ce qui tombait bien, car, moi aussi, avec mes lettres modernes, je n’avais pas grand-chose à faire. Lire la suite ICI

François Labbé-CHB-KIB tous droits réservés.


Chronique de la semaine : l’identité bretonne, la terre et l’eau

Lundi dernier à Brest, j’ai assisté à une conférence de Jean-Michel Le Boulanger, vice-président de la Région Bretagne chargé de la Culture, sur l’identité bretonne. Il a conclu que tous les Bretons et les Bretonnes étaient Bretons et Bretonnes, Françaises et Français, Européens et Européennes, ce que tout le monde aujourd’hui convient, à part quelques gens un peu bizarres. Pour lui, s’inspirant des écrits de l’historien médiéviste de la Bretagne aujourd’hui disparu, Jean-Christophe Cassard, l’identité bretonne plonge ses racines dans ce qu’a nommé J-J.Cassard la civilisation paroissiale, terrienne, à l’exception de quelques cas, comme les marins. Et c’est cette exception qui me dérange. Lire la suite ICI



Chronique littéraire de François Labbé : Yves Le Fèbvre, un grand écrivain morlaisien

 J’ai habité quelques années à Morlaix… à mi-temps ! J’y ai eu en effet plusieurs pied-à-terre et j’ai longtemps envisagé d’y vivre définitivement. Cela ne s’est pas fait pour différentes raisons qui sont ici sans intérêt. Pour moi, Morlaix est lié à la littérature, et pas seulement à cause de Souvestre ou des Corbière, de Michel Mohrt ou de Philippe Le Guillou. C’est dans cette ville qu’un éditeur devait publier mon premier roman et qu’avec lui j’ai découvert la ville et ses alentours. Nous étions rendus à Poul Roudou, au café-librairie, pour parler de ce livre qui ne paraîtra en définitive pas à Morlaix, hélas ! Et j’ai bien regretté de ne pas faire partie du riche Parnasse morlaisien. Lire la suite ICI

Le professeur Michael Jones, président d'honneur du CHB-KIB rend hommage au grand histoire de la Bretagne, Hubert Guillotel

J’ai l’honneur de déposer sur le bureau de l’Académie l’œuvre posthume d’Hubert Guillotel, Actes des ducs de Bretagne (944-1148), édités par Philippe Charon, Philippe Guigon, Cyprien Henry, Katharine Keats-Rohan, Jean-Claude Meuret et moi-même, avec une préface de Christiane Plessix-Buisset. Paru en septembre 2014 aux Presses universitaires de Rennes, ce beau livre est publié dans la collection « Sources médiévales de l’histoire de Bretagne » en coédition avec la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne. De format in-quarto, il compte 598 pages et comporte un cahier de 32 illustrations (cartes, photographies de documents édités, d’édifices et de sites évoqués dans les actes) toutes en couleur sauf une. Lire la suite ICI

Les Bretons n'aiment pas les extrémismes

Chronique de la semaine. Les Bretons n’aiment pas les extrémismes. Cette affirmation est-elle vraie ? Est-elle vérifiable ? Evidemment, après y avoir été récemment confronté, je me pose la question : le site Breizh Atao a repris sans me le demander intégralement mon texte sur « la Bretagne est-elle une périphérie ? » en le détournant de son propos. J’ai donc pu voir la partie émergée de l’extrémisme breton. Je sais aussi maintenant, sans tomber, je peux vous l’assurer, dans la théorie du complot, qu’il y a une partie immergée, clandestine, occulte, bien active, gangrénant associations et institutions, commandée par quelques individus ou quelques familles. Vérifions donc en regardant dans l’histoire si les Bretons aiment ou non les extrémismes. LIRE la suite ICI

Tous droits réservés. Frédéric Morvan

Publication du CHB-KIB La chevalerie au temps de Du Guesclin

Le Centre d'Histoire de Bretagne/Kreizenn Istor Breizh publie La chevalerie bretonne au temps de Du Guesclin (1341-1381) par Frédéric Morvan, 758 pages, 48 arbres généalogiques, nombreuses références d'archives. ISBN 978-2-36811-019-5 Achat direct au CHB-KIB 25 euros + 9,90 euros de frais de port (avec dédicace de l'auteur) et diffusion Coop Breizh. Adresse CHB-KIB, 6 stréat Kervéoc 29840 PORSPODER


chronique littéraire de François Labbé Louis Guilloux

Saint-Brieuc est d’abord pour moi la ville de Louis Guilloux. Je l’ai découvert vers 1975 grâce à Yannick Pelletier qui écrivait sa thèse sur lui et avait eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises.Je revois cette émouvante photo parue dans Ouest-France vers 1978 : Louis Guilloux âgé, la pipe à la main, assis avec Yannick Pelletier sous le marronnier de la Place Saint-Pierre,
lire la suite sur les sites du CHB-KIB ICI


La Bretagne divisée en deux Blocs : Est et Ouest ?

C’est en effet la question que l’on peut se poser lorsque l’on traverse l’intégralité de la Bretagne, du Conquet à Fougères ou de la Pointe du Raz à Clisson : l’Est ou Haute Bretagne, industrieuse, dynamique, joyeuse ou presque, plus jeune, dominée par Rennes et Nantes, vraies métropoles, considérées parmi les plus agréables de l’Hexagone, et l’Ouest ou Basse Bretagne plus agricole, plus déprimée, plus âgée, dont les cités souvent petites et moyennes ont du mal à se constituer de réelles zones d’influence. Regardons de nouveau vers l’histoire de la Bretagne pour savoir si nous sommes en présence d’un phénomène ancien ou récent ? Lire la suite ICI

La Bretagne en périphérie !

La Bretagne en périphérie ! Jeudi soir dernier, aux Dîners celtiques, à Paris, Jean-Yves Le Drian, président du Conseil de la Région administrative Bretagne, a parlé longuement de la situation périphérique de la Bretagne, situation qu’il est difficile de ne pas constater lorsque l’on passe de la Bretagne à Paris. La Bretagne serait donc sur le pourtour, mais de quoi ? Lire la suite ICI

chronique de la semaine par Frédéric Morvan, Episode 4 Qui dirige la Bretagne de 1515 à 1532

Nous en étions à la mort d’Anne de Bretagne et à celle de son époux Louis XII (1514-1515). Ici nous allons toucher à un des épisodes les plus passionnants et passionnés de l’histoire de Bretagne et de France, qui a fait et fait coulé encore bien de l’encre, et que par des études sérieuses, documentés et argumentés, nous commençons à mieux connaître, malgré d’énormes interrogations : celle de l’Union, de l’Annexion – termes différents selon le camp que l’on choisit, breton ou français - du duché de Bretagne au royaume de France. Moi, je vais me permettre de parler de l’intégration du duché de Bretagne au royaume de France.

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8 avril 1498 : Anne de Bretagne redevient la seule souveraine de Bretagne

Son mari, le roi Charles VIII de France, a décidé de la rejoindre au château d’Amboise afin de la consoler de la perte de sa fille, Anne, morte née – ce n’est pas la première fois que cela arrive et Anne souffre de mélancolie comme on le disait pudiquement. Le roi veut lui changer les idées et comme tous les deux aiment les jeux de paume (ancêtre du tennis), ils se rendent tous les deux, avec leur suite, à la salle de ce jeu. Ils rejoignent par un chemin un peu compliqué et bas de plafond une galerie surplombant la salle. Sur le parcours, la tête du souverain heurte assez violemment le linteau d’une porte. Et tout le monde continue son chemin. On regarde le spectacle. On a poussé les détritus car la salle était en travaux. Et on ne fait pas trop attention à l’odeur car les faucons royaux ont décidé d’y faire leurs besoins. Bref, on admire les joueurs. Et le roi s’écroule. On arrête le jeu et tout le monde descend dans la salle. Charles VIII est allongé sur un tas de détritus. Il est dans le coma dont il sortira trois fois pour prier. Son agonie va durer 9 heures pendant lesquels les médecins lui arrachent mêmes les poils et les cheveux. Il meurt à 27 ans. Selon les experts, en fait il y aurait eu des signes avant-coureurs, des maux de têtes, et puis il faut savoir que son père, Louis XI, est mort d’une attaque cérébrale.  lire la suite ICI



chronique de la semaine : 3e épisoide Qui dirige la Bretagne ? Le cas Anne de Bretagne, par Frédéric Morvan

En 1488, Anne de Bretagne n’avait pas douze ans lorsqu’elle accéda au trône breton. Son père avait désigné avant de mourir les chefs du clan féodal pour « l’aider » à régner : comme tuteur le maréchal de Rieux et comme gouvernante Françoise de Dinan-Montafilant. Philippe de Montauban, issu de la noblesse bretonne, devint chancelier de Bretagne, c’est-à-dire chef de l’administration ducale. Pendant trois ans, ce ne fut autour d’elle que complots, rivalités et impuissances politiques. Le duché n’eut pas vraiment de dirigeant durant cette période ; le territoire breton était alors occupé par les troupes royales et quant aux féodaux, LIRE LA SUITE ICI

chronique de l'histoire littéraire des Bretons par François Labbé

Une grande écrivaine, Anne de Tourville

 

Le prix Fémina (à l’origine prix du magazine La vie heureuse !) créé et décerné l’année suivant le premier Goncourt, en 1904, avait une vocation bien particulière dans l’esprit de ses créateurs : mettre en valeur la littérature féminine. Sa première lauréate, Myriam Harry, est probablement aujourd’hui bien oubliée ainsi que son roman, La conquête de Jérusalem. Cependant, dès 1905, le prix est attribué à Romain Rolland pour Jean-Christophe et, à partir de cette date, le Fémina ne s’encombre plus du sexe de ceux qu’il couronne et devient « l’autre » Goncourt !

 

Presque sans débat, le jury désigne en 1951 une jeune femme, Anne de Tourville, une Bretonne qui a déjà vu son recueil Gens de par ici recevoir le Prix Interallié de Bretagne en 1944. Le Fémina avait déjà récompensé une Bretonne en 1927 : Marie Le Franc, née à Sarzeau.

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Bretons et Bretonnes célèbres : Alain V de Bretagne, un nouveau duc

Pourquoi ce personnage, pourtant d’envergure, peut-être même un des plus importants de l’histoire de la Bretagne et de l’Occident, a-t-il échappé à la sagacité proverbiale des historiens les plus confirmés ?

A cause de son nom tout d’abord ou plus exactement de ses noms. Jusqu’à récemment on le nommait Alain d’Avaugour. Dans les ouvrages sur l’abbaye de Beauport qu’il a fondé en 1202 il est désigné sous le nom d’Alain de Goëlo, terre qu’il a possédée. En Angleterre, où il était seigneur de Waltham (qui correspond exactement au Conseil du Nord-est Lincolnshire), il est désigné depuis très longtemps sous le nom d’Alain de Bretagne, ce qui n’est pas faux. Dans les actes contemporains, il porte le nom d’Alain fils Comte et après 1205 de comte Alain. Les historiens anglais les plus récents le nomment donc Alan Fitzcount et l’historien breton Stéphane Morin le désigne souvent comme Alain de Goëlo. En fait, il s’agit d’Alain de Rennes, chef à partir de 1205 de la maison de Rennes, et donc héritier en ligne masculine du duc Geoffroy de Bretagne (mort en 1008, le fondateur de l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys).


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chronique de l'histoire littéraire des Bretons par François Labbé

Ansquer de Londres, un Montaigne Breton

Entre 1676 et 1724, pour différentes raisons, les Essais sont quasiment proscrits. Il n’y aura pas en France d’édition autorisée de ses œuvres avant 1783 mais l’édition savante du protestant Pierre Coste (1724) et ses rééditions avec le Discours de la servitude volontaire de La Boétie passent facilement la frontière et plus on avance dans le siècle, plus Montaigne, connaît une renaissance : les hommes des Lumières voient en lui un écrivain, un penseur et un philosophe proche de leurs préoccupations, et cela au moins jusque vers 1780. lire la suite ICI

 




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